Morsures de queues : détecter les cris chez le porcelet
Le projet Solbi analyse les vocalises des jeunes porcs pour aider les éleveurs à mieux prévenir la caudophagie.
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Grognements, couinements, cris… Les vocalisations chez le porc pourraient-elles constituer un outil de détection précoce des épisodes de caudophagie (morsure de la queue) ? C’est tout l’enjeu du projet Solbi présenté par l’Ifip et l’Inrae lors des journées de la recherche porcine au début de 2025.
La première étape du projet a consisté à constituer une base de données des sons associés aux comportements liés à la morsure de queues. Des enregistrements audio et vidéo ont été réalisés dans six élevages (deux fermes expérimentales et quatre élevages bretons) représentant 32 cases de porcelets à queues entières.
Les éleveurs notaient quotidiennement l’état des queues. L’ensemble des interactions entre animaux et les vocalisations associées ont été relevées sur les 24 heures précédant l’apparition de la caudophagie. Plus de 15 000 comportements et 7 500 vocalisations ont été collectés et caractérisés.
Distinguer morsures et explorations de la queue
Selon les premiers résultats, les vocalisations ont été difficiles à faire coïncider avec des comportements typiques durant ces 24 heures compte tenu du bruit dans les élevages, la difficulté de voir les morsures sur les vidéos ou encore la variation des notations effectuées par les éleveurs.
Toutefois, il ressort que les comportements liés aux manipulations de la queue (explorations, morsures) sont associés de manière préférentielle aux cris alors que ceux de monte et d’explorations sont davantage associés à des grognements. Les comportements agressifs s’accompagnent principalement d’aboiements, coassements, couinements et « gruiii ».
Cependant, il faut noter que dans 82 % des interactions relevées, aucune vocalisation n’a été enregistrée, y compris lors d’agressions (44 %), d’explorations de la queue (25 %), d’explorations autres (26 %) ou de montes (5 %). L’étude conclut que cette très forte proportion de non-vocalisation lors des interactions avec la queue des congénères souligne l’importance de distinguer les explorations des morsures de queue, et que la détection des vocalisations ne pourra pas se substituer à la surveillance des éleveurs pour anticiper la survenue de morsures.
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